Cadre Général
En faisant notre proposition, nous avons insisté sur la tendance croissante au changement en Amérique du Sud et sur le renforcement des tendances à l’unité et la coopération.
Nous avons parlé d’un continent en ébullition et de la force des initiatives sociales. Ces tendances se sont renforcées et nous pensons qu’aujourd’hui il faut prendre en compte au moins trois ou quatre tendances :
1ère : le monde unipolaire dirigé par les USA se fragilise. En particulier, en Amérique du
Sud, la Chine apparaît comme un acteur économique et politique et en même temps, les
propositions autonomes de Chavez, ALBA et de Banco del Sur sont de plus en plus
nombreuses.
2è : les tendances à l’organisation sociale s’accentuent en Equateur, au Pérou au
Paraguay et dans tout le continent.
3è : il s’agit d’un changement plus structurel, alors qu’avant la société civile dépendait ou émanait d’initiatives prises par et pour l’Etat ; maintenant il existe un processus de la
société civile pour obtenir plus de pouvoir et de poids.
4è : de fait le contrat social est de plus en plus mis en question dans plusieurs pays.
Objectifs
Avec le 1er semestre 2007 s’est terminé un cycle de notre processus de construction du
Réseau des RH [1], dont l’objectif était :
1. de diffuser la Charte des RH dans le Cône Sud
2. de générer du soutien et des appuis sociaux pour les principes proposés dans la Charte
3. d’élargir l’appui existant du Chili dans le Cône Sud
Au départ, nous avons défini, après une étude et une recherche, quels milieux nous
semblaient être des acteurs clés et des alliés naturels :
• les Indigènes
• les Jeunes
• les Migrants
• les Mouvements pour les Droits Humains (DH)
• les Femmes
• les Religieux
• les Universités
Nous avons expliqué dans les rapports précédents les raisons pour lesquelles nous avons choisi chacun de ces milieux, par rapport à la force de leur impact dans la société
nationale et dans celle du Cône Sud.
Nous avons développé le travail avec comme méthode un processus participatif de
dialogue permanent avec différents sujets et, malgré des doutes et des réticences, nous
avons réussi progressivement ce semestre à nous installer dans quatre pays du Cône Sud (l’Argentine, la Bolivie, le Pérou et le Chili) et à commencer quelques touches plus
progressives au Paraguay et en Uruguay.
Cette avancée dans la construction de la légitimité de la Charte et dans l’appui qui s’est
construit nous permet d’affiner une stratégie et de choisir une méthode de croissance.
Nous avons considéré depuis le début plusieurs points centraux dans la stratégie à suivre :
o Les groupes clés noyaux existants de l’Alliance pour un Monde Responsable et
Solidaire
o Les groupes actifs en rapport avec certains des points de la Charte (Mouv. pour la
Paix, Mouv. Pour les DH, Artistes pour la Paix et la Démocratie, Défenseurs de
l’Environnement, Groupes qui travaillent contre la Discrimination et pour la Dignité
Humaine, la Solidarité comme qualité des acteurs de la Charte).
o Par expérience, nous avons appris que ce qui rend une stratégie efficace, c’est la
capacité à monter une équipe, un noyau facilitateur d’initiatives et d’expériences,
qui ait confiance et qui génère de la confiance : ce fut le processus le plus complexe
que nous avons atteint par l’action.
Construction et résultats
Nous voulons souligner les actions suivantes :
• Création du Réseau de Moyens de Communication Alternatifs, radios et TV
communautaires, revues, pages Web, quotidiens électroniques.
• Plan Pilote Municipal pour la Responsabilité pour l’Environnement à
Peñalolén
• Réseau de Responsabilité pour l’Intégration
• Initiative pour l’Assemblée Citoyenne
• Publications en appui
• Ecole Itinérante de la Bonne Gouvernance et pour les Responsabilités
Humaines
Durant ces trois années passées nous avons réussi à faire en sorte que le réseau ne
dépende pas d’une ou deux personnes ; actuellement plusieurs équipes diffusent
l’information.
En choisissant l’équipe, la plus grande difficulté a été de répondre au besoin de mettre en place un noyau solide, et qui soit en faveur de la différence et la diversité.
Les actions ont été diverses : ateliers, séminaires, groupes de recherche, publications,
rencontres, etc.
L’objectif de chaque activité était d’approfondir la compréhension et l’appui de la Charte,
de créer de nouveaux groupes d’appui et de vivre des expériences diverses : à partir de ce processus, nous avons construit des groupes d’appui dans quelque 20 villes du Cône Sud (Lima, Cuzco et Chimbote au Pérou ; La Paz, Cochabamba et Jesus de Machaca en Bolivie ; Buenos Aires, Mendoza et Córdoba en Argentine ; Santiago, Antofagasta, Iquique, Purén, Valparaiso, Chillán et Curanilahue au Chili ; Montevideo en Uruguay et Asunción au Paraguay).
L’objet principal est de repenser le Réseau et de débuter la construction d’un Mouvement
pour la Solidarité et les Responsabilités Humaines.
La plupart des membres de nos réseaux sont des jeunes, nous sommes par ailleurs dans plusieurs milieux sociaux, universitaires, indigènes, religieux, groupes pour les DH.
Au niveau social notre travail prend son envol à partir des universités, des municipalités,
des populations, des jeunes, des mouvements culturels et il s’étend à différents segments et groupes.
Depuis le début nous avons cherché à donner à nos activités un profil élargi au Cône Sud, et nous avons travaillé en construisant des alliances. Ce processus a acquis une grande force et sa dynamique est à chaque fois plus puissante depuis que nous avons fait l’option de travailler pour l’Assemblée des Citoyens.
Le Réseau s’est transformé en un espace d’appui aux alliances sociales, un espace de
construction de réflexion. Pour une stratégie de changements nous avons construit pas à
pas aux niveaux local et du Cône Sud et ces efforts s’appuient de plus en plus sur des
processus de solidarité, d’éducation autonome et de recherche d’une pédagogie des
responsabilités humaines.
Faiblesses
Nous avons plusieurs faiblesses, nous en mentionnerons seulement quatre :
1º Les contacts avec l’Uruguay et le Paraguay
2º La réflexion théorique, dès lors que la pensée est le pilier de toute construction
3º La difficulté actuelle au sein des Réseaux pour accepter la différence comme un apport possible et non pas comme source de problèmes
4º La création de nouvelles ressources
Alliances
Le processus d’alliances a augmenté en Bolivie, au Chili, au Pérou, il est plus lent en
Argentine et stagnant en Uruguay.
Nous sommes déjà aujourd’hui une alliance sociale qui s’est renforcée et qui existe dans des Réseaux d’Évangéliques pour les Responsabilités Humaines, de Journalistes, de Leaders Sociaux, de Jeunes, de Femmes, d’Universitaires dans des centaines d’activités.
Avec la décision de soutenir l’Assemblée des Citoyens cette alliance s’est renforcée, et
elle s’agrandit parmi les religieux, les jeunes, les migrants, universitaires, femmes,
indigènes, citoyens, les milieux culturels et militaires.
Les Alliés, ceux que nous trouvons dans différents pays et régions du Cône Sud sont
disposés à nous accompagner et à travailler avec nous.