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Published on 24 June 2008
Translations available in: English (original) . Español .

Le défi du dialogue interculturel

by Edith SIZOO
Associated Central Topics: Cross-culturalism, dialog and multilingualism . Cultures and responsibility .
Associated General Topics: Cross-cultural .

« Culture is where the dictionary ends
and where the linguist finds real meaning »
(la culture commence où s’arrête le dictionnaire et où le linguiste trouve un sens véritable)
C.J. Moore

Le dialogue interculturel doit être préparé en examinant une variété de problèmes. Parmi ceux-ci, on peut s’intéresser tout particulièrement aux points suivants :

1. L’utilisation banalisée des concepts

A une époque où la communication internationale - interculturelle de par sa nature même - est en pleine croissance. On a tendance à utiliser des concepts sensés être compris de la même manière par des communautés ancrées dans des histoires et des contextes culturels différents à travers le monde. Les notions de démocratie, (bonne) gouvernance, transparence, solidarité, développement, droits de l’homme, terrorisme, etc. sont utilisées de manière abusive, comme si elles étaient culturellement comprises et pratiquées de la même façon partout. Cela entraîne de nombreux malentendus et conflits.

La notion de responsabilité est au coeur de la Charte des responsabilités humaines. Ainsi, étant donné qu’elle en est l’objectif principal, il importe de s’assurer qu’elle n’est pas l’objet de malentendus culturels.

On peut penser que l’idée de responsabilité évoque partout quelque chose, ne serait-ce que parce que chaque nouveau-né fait appel au sens de responsabilité de ses parents. Cependant, le mot responsabilité n’existe pas dans toutes les langues du monde. C’est pourquoi, la première question qui s’impose est : quels concepts équivalent au concept de responsabilité dans les cultures où le mot en tant que tel n’existe pas et qu’impliquent tous ces différents concepts par rapport à la compréhension de ce que l’on appelle « responsabilité » ? De plus, l’existence du mot dans diverses langues ne conduit pas nécessairement à un consensus universel sur ce que cette idée couvre et comment elle devrait être mise en pratique.

Si l’être humain est censé être responsable, alors : pour quoi ? Et envers qui ? Et sur quoi est basé la légitimité de la pratique de la responsabilité ? Jusqu’à quel point la responsabilité dépend du libre choix de l’individu ? Jusqu’à quel point la responsabilité est assignée (par la communauté ? par Dieu ?).

Les réponses à ces questions révèleront de quelles manières les personnes sont censées exécuter leurs responsabilités et en rendre compte.

2. Comment rendre explicites les différences culturelles entre les différentes significations ?

Etudier le développement historique des mots et les concepts qu’ils contiennent ne suffit pas à comprendre leur signification moderne. Les notions conceptuelles (telles que mentionnées en 1.) acquièrent leur sens véritable lorsqu’elles sont mises en relation avec d’autres mots issus de la même langue (relations morphologiques), et aussi à travers les manières dont leur contenu est constamment développé dans l’interaction sociale entre les personnes.

3. Comment établir un noyau commun à la diversité des interprétations et des pratiques culturelles ?

Si l’idée d’une Charte des responsabilités humaines est prise au sérieux en tant que « base d’un nouveau contrat social », en tant qu’instrument servant à clarifier non seulement le besoin d’assumer les responsabilités, mais surtout la façon dont la pratique de la responsabilité est justifiée, alors il importe de savoir jusqu’à quel point cette notion peut servir comme concept éthique commun.

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